
Mes collègues ont ouvert le débat en indiquant justement que la fragmentation du parc des terminaux mobiles bénéficiera aux consommateurs et en précisant également différentes approches par les acteurs du marché. Quand on parle de fragmentation du parc des terminaux mobiles, il me semble néanmoins important d’en distinguer différents types. En regardant les choses à la fois sous l’angle des consommateurs et sous l’angle des fournisseurs de services, on n’est pas très loin de pouvoir coller des étiquettes « bonne » ou « mauvaise » fragmentation :)
Fragmentation entre OS
A l’évidence, la fragmentation entre OS devient indéniablement moins problématique à mesure que (a) les parcs de ces différents OS augmentent et (b) les taux d'adoption de l'Internet mobile progressent car les parcs réellement adressables (mobiles compatibles dans les mains de quelqu'un qui utilise Internet sur son mobile) atteignent plus souvent et plus vite des volumes intéressants. Mais aussi parce que le socle commun a considérablement progressé. Pour ce socle commun, l'environnement de choix est le navigateur, surtout avec WebKit qui couvre une large part des Smartphones comme le rappelle David, mais aussi parce que les alternatives ont également progressé dans le respect des standards xHTML et les performances délivrées dans le téléchargement et l'affichage des contenus.
Le bon équilibre est donc sans doute à trouver entre un socle commun (xHTML aujourd'hui et HTML5 à l'avenir dans le browser) et de l'innovation propre à chaque plate-forme avec (a) des développements natifs ou (b) des librairies / fonctionnalités spécifiques enrichissant l'environnement browser, qu'elles soient Javascript, Flash ou autres.
En fonction du service et de la cible, l'éditeur détermine la meilleure façon de délivrer son service. Une banque qui développe des services en ligne n'aura pas les mêmes contraintes et objectifs que Spotify par exemple. Là où une banque pourra rationaliser au maximum son investissement pour développer une version version xHTML de ses services accessibles au plus grand nombre, Spotify a besoin de développements natifs pour pouvoir jouer la musique et surtout la stocker avec sa DRM propriétaire sur le mobile ; ils investissent donc dans des développements natifs plate-forme par plate-forme en fonction des volumes en parc, des coûts de développement et des perspectives d’adoption par les utilisateurs de ces mobiles.
Fragmentation au sein de chaque OS
Toujours dans cette logique d’atteindre un parc homogène suffisant pour justifier des investissements en développement de services, il est important, au sein de chaque OS, de contrôler la fragmentation. Le contrôle qu'exerce Google sur Android sur le soft, les spécifications matérielles (e.g. taille de l’écran, présence d’un clavier, accéléromètre, GPS, etc…) semble bien moindre que ce qu'exercent Nokia sur S60, et surtout RIM sur ses BlackBerry et Apple sur les iPhones ou même dans une moindre mesure Microsoft sur Windows Mobile. Si cela permet de varier les la gamme et les prix au bénéfice des clients, cela complique la vie des développeurs et l'offre logicielle en souffre.
Voici par exemple un article sur les blogs développeurs de Sony-Ericsson qui s'inquiète de la fragmentation au sein des terminaux Android. Cela dit, les récentes annonces produits sur l’OS Android de Motorola et LG sont plutôt rassurantes au moins pour la gamme smartphones car les spécifications techniques ne sont pas tellement éloignées de celles des produits HTC et Samsung déjà sur le marché. Restera les netbooks et autres tablettes...
Je vous ai épargné la fragmentation logicielle sur chaque modèle (e.g. iPhone 3G en 2.1, 3.0, 3.0.1, 3.1), essentiellement car je fais le pari optimiste que les mises à jour logicielles seront de plus en plus offertes gratuitement à l'ensemble du parc et automatisées au point qu'une large majorité du parc en bénéficie dans un délai de plus en plus court.
Voir aussi :
Blog
"Univers mobile : qui imposera sa technologie ?", par David Mas - 31/08/2009
Dans les médias
Pour généraliser les usages, les constructeurs devront adapter leurs smartphones - Le Journal du Net
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