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Plus de marketing, plus de technologies ... la banque de détail se prépare au troisième millénaire

13/02/2009 par Eric NOE

Les banques de détail, véritables vaches à lait pour nos institutions bancaires, ont réussi à se développer et à préserver leurs positions concurrentielles et leurs marges dans le contexte plutôt favorable de ces dernières années. La plupart d’entre elles ont par ailleurs permis aux groupes bancaires français de compenser tout ou partie des pertes des activités de marchés.

Mais dans un contexte où la morosité risque de s’installer pour quelques temps, et dans lequel le consommateur sera de plus en plus exigeant, de profondes modifications du contexte concurrentiel sont en train d’émerger et engendrent de nouveaux challenges pour les banques.

Un nouveau contexte concurrentiel

Parmi ces modifications, il y a tout d’abord, l’arrivée de nouveaux concurrents. Il s’agit de banques étrangères habituées à des contextes concurrentiels plus âpres, d’acteurs du monde de l’Internet qui cherchent des relais de croissance, des grands opérateurs de télécommunications qui prennent déjà en charge certains flux de paiements (micro paiement sur facture notamment) et qui ont l’habitude d’innover sans cesse en termes d’offre et de relation client, sans parler des acteurs de la grande distribution.

Ensuite, la pénétration massive des canaux digitaux permet d’envisager une nouvelle façon de concevoir la relation avec le client. Classiquement, l’utilisation des bases de données couplée aux canaux digitaux comme les serveurs vocaux interactifs, Internet et le téléphone mobile, permettent de développer communication et interactivité en favorisant des actions ciblées et efficaces pour accroître les ventes et favoriser les montées en gamme. A l’image de l’impact d’Internet, le téléphone mobile permet d’envisager un nouvel espace de communication entre les marques et leurs clients.

Enfin, l’émergence des nouveaux besoins et de nouveaux modes de consommation. Au delà du développement croissant des offres de niches, communautaires ou affinitaires, les consommateurs sont habitués à être confrontés à des offres innovantes et marketées. Celles-ci ont non seulement une vocation naturelle à répondre à (ou engendrer) leur besoin, en développant un véritable arsenal de séduction via la communication, le packaging (comme les produits agro alimentaires, cosmétiques ou de soin) ou le lieu de consommation, mais ont également de plus en plus vocation à se positionner (ou créer) un véritable univers de consommation propre autour de l’offre (le « moment café » de Nespresso par exemple).

Face à ces grandes modifications, les banques de détails ont deux challenges majeurs à relever : développer des offres plus compétitives et intégrer le téléphone mobile dans leur offre et les canaux. La plupart ont commencé, avec plus ou moins de réussite.

Intégrer le téléphone mobile

Certes, les banques ont intégré avec succès le canal Internet et les serveurs vocaux interactifs/centres d’appels en développant le multi canal et en y faisant converger les tâches à fortes récurrences, forts volumes et faible valeur ajoutée. Mais si les banques ont relativement bien réussi ce passage dans le monde Internet, il est difficile d’en dire autant pour le téléphone mobile.

Le développement a minima de la présence bancaire sur le mobile (site de consultation essentiellement, faible exploitation du canal relationnel, faible ergonomie, design minimal) constitue aujourd’hui une voie de développement inexploitée par les banques. Sans parler des possibilités qu’ouvre la technologie NFC pour le paiement sans contact par téléphone mobile (expérience « Payer Mobile »), mais qui buttent en France notamment sur des problèmes de partage de valeur et d’équipement terminaux (commerçants et usagers), les exemples de m-banking à l’étranger sont déjà nombreux. Aux Etats-Unis, Citybank propose une application mobile et un ensemble de services complémentaires et adaptés à travers une interface ergonomique et intuitive. Bank of America pour sa part revendique 1.8 millions de clients mobile actifs en 6 mois. UBS a de son coté choisi un positionnement centré sur l’information financière en temps réel. Avec un marché cible de 500 millions d’usagers de m-banking en 2013*, il parait déterminant de se positionner vite et bien.

Avec Internet les banques sont entrées chez leurs clients, avec le mobile elles pourront rentrer dans leurs poches : c’est à dire plus de contacts, plus de visibilité, plus d’opportunités pour proposer de mettre en avant leurs produits, pour favoriser les montées en gamme, bref, plus de sources de création de valeur.

Par ailleurs, quand on connaît l’importance stratégique de la clientèle jeune dans un secteur où le taux d’attrition est de 4%** (une clientèle à forte lifetime value, non encore enracinée dans un enchevêtrement de produits bancaires, qui peut donc aisément changer de banque), et quand on connaît le penchant de cette cible pour le téléphone mobile … on comprend mieux certains rapprochements banques / opérateurs (BNP Paribas et Orange avec la carte Jump, Crédit Mutuel qui rachète NRJ Mobile).

Développer des offres plus compétitives

Autre challenge, créer des offres séduisantes. Actuellement, les banques développent des offres packagées qui dépassent le simple registre de l’attribut bancaire intrinsèque (le compte, le chèque, la carte, etc.) et qui s’inscrivent de plus en plus dans un « univers de consommation ». C’est typiquement l’exemple des offres de cartes souvent prépayées destinées au segment stratégique des jeunes : la carte Jump de BNP Paribas et Orange, Regliss de la Banque Postale et SNCF, Independance du LCL ou dans un registre un peu différent So Music de la Société Générale. Un moyen de paiement, un ou plusieurs partenaires, un programme de fidélité ou des offres spéciales adaptées à la cible, des services interactifs permettant de gérer/consulter son compte, nous avons bien là des tentatives visant à développer des offres adaptées au marché actuel et plus à même de s’imposer dans des conditions satisfaisantes. Reste que le succès n’est pas toujours au rendez vous … choisir les bons partenaires, partager la valeur de façon adaptée, séduire une base de clientèle suffisante et lui proposer des services qui répondent à son besoin, le tout en maximisant la rentabilité… beaucoup d’établissements n’ont pas encore trouvé la bonne alchimie … prouvant que même si les temps changent, il est encore difficile pour une banque de s’extraire de son image (de banque !).

* Source ABI Research

** : Etude UFC Que Choisir, marché français, Juin 2006, (ce taux est de 15% dans l’assurance automobile et 20% dans la téléphonie mobile)

Voir aussi :

Expertise

Offre Banque et Mobile

Banque, Finance et Assurance

Blog

"NFC, c'est pour demain...", par David Mas - 06/05/2009

Tags: NFC banque m-banking multi-canal

iPhone & co : une appli ou pas ?

13/02/2009 par Yves LE JAN

Apple, avec l’iPhone et son App Store a jeté un pavé dans la mare en focalisant l’attention sur les applications pour délivrer des services multimédia. Pourtant les applications ne datent pas d’hier et même les applications Java et natives ainsi que les stores ne sont pas nouveaux. Les portails des opérateurs (Orange, SFR, Bouygues…) et des constructeurs (Nokia, Sony Ericsson notamment) en proposent depuis des années et mettent même parfois en avant le top 10 de chaque catégorie dans une application embarquée.

Alors pourquoi cet engouement soudain du public pour les applications iPhone ? Est-ce que c’est le seul moyen de délivrer un service mobile efficacement sur les iPhones ? Sur les autres Smartphones (Series 60, Windows Mobile, RIM BlackBerry, Android, Palm…) ? Traditionnellement la plupart des services mobiles à l’exception des jeux étaient le plus souvent délivrés sous forme de sites Web optimisés pour les mobiles.

Or les navigateurs mobiles ont nettement progressé ces dernières années et les Smartphones permettent de plus en plus d’accéder aux mêmes versions des sites Web que sur son PC et a fortiori d’accéder à des sites mobiles de plus en plus sophistiqués. On notera d’ailleurs au passage la montée en force du navigateur WebKit qui est la base à la fois de Safari sur iPhone, du navigateur embarqué dans l’OS Series 60, dans Android, sur les derniers BlackBerry et sur le Palm Pré. Il est donc possible d’offrir des sites présentant un navigation facile et même des transitions et un aspect graphique proche d’une application, soit en complément d’une application, soit en substitution. Quand un site Web a vraiment été optimisé, on parle désormais parfois de Webapp.

Par défaut, c’est une option intéressante car elle permet potentiellement d’adresser les principales familles de Smartphones avec une seule et même version du service, qu’on peut mettre à jour à tout moment de façon transparente pour l’ensemble des utilisateurs et indépendamment de tout intermédiaire. A l’heure où la concurrence et l’esprit du Web poussent de nombreux services vers un modèle publicitaire pour séduire leurs utilisateurs, les marges sont serrées et optimiser au mieux ses coûts est important, surtout sur les marchés européens, aux tailles plus réduites que le marché nord-américain.

Il y a me semble-t-il principalement trois éléments permettant de justifier en les combinant d’investir dans une application aujourd’hui: le fonctionnel, la distribution & l'accés et la monétisation

Le fonctionnel C’est potentiellement un point clé si certaines fonctions nécessitent une application pour pouvoir être intégrées au service, par exemple l’accès à l’appareil photo, au gyroscope, au GPS ou pour fréquemment rappeler au client qu’il y a des éléments nouveau (mécanisme de notification).

Distribution et accès La découverte d’un service peut à la fois passer par de la communication, du référencement dans les moteurs de recherche (SEO, SEM), de la pub mais aussi par un au catalogue d’applications dans lequel certaines applications sont mises en avant (les plus téléchargées, les dernières nouveautés, les mieux notées ou bien encore celles dont les éditeurs sont prêt à payer pour de la visibilité …). Toutefois, sur un App Store dont l’affluence explose comme celui d’Apple, la visibilité offerte se trouve quelque peu réduite. Par ailleurs, une fois découvert, un service pour être utilisé doit rester accessible. Si les applications rendent le service accessible, l’iPhone permet également de « bookmarker » un site directement sur le homescreen avec une icône adaptée.

Monétisation Faire payer un service dans le navigateur n’est pas chose aisée. D’une part il faut un mécanisme de paiement d’autre part il faut que les clients soient prêts à payer. L’App Store d’Apple a eu cette force de permettre à tous les utilisateurs (parce qu’ils avaient un compte iTunes associé à une carte de crédit) de pouvoir réaliser des achats pour de petites sommes de façon simple dans une expérience proche de celle proposée par les plus ergonomiques des sites Web de e-commerce. Avec la concurrence et la montée des attentes clients, les montants perçus par application diminuent mais peuvent néanmoins constituer une ligne de revenus non négligeable pour un éditeur de services mobiles. Les autres App Stores bénéficieront-ils d’une expérience aussi fluide, notamment pour la brique de paiement ? D’autre part, si on peut imaginer qu’une application affiche de la pub au même titre qu’un site mobile, on peut aussi imaginer que des modèles plus traditionnels soient étendus en complément du modèle App Store (one-off fee), tels que le pass journée, semaine ou mois que l’on peut trouver sur des kiosques de services. A quand par exemple un Gallery>> qui fonctionne sur les Smartphones y compris en Wi-Fi pour permettre aux tiers de facturer leurs services offerts sous forme de webapps selon ce modèle ?

Les deux premiers éléments expliquent l’intérêt des clients. Si le troisième est intéressant pour les éditeurs, c’est plutôt un écueil périlleux sans beaucoup d’options qu’Apple a solutionné avec un outil global que la majorité connaissait déjà: iTunes.

Voir aussi :

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Ergonomie & Design

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"Quel modèle industriel pour les applications mobiles ?", par Alexis Lesage - 05/03/2010

"Les éditeurs de contenus sur mobile : après la course à l’audience, la course aux budgets", par Marianne Fily - 25/03/2009

"Appli embarquée ou service mobile – Partie 1: Définitions", par David Mas - 06/10/2009

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"La musique sur mobile : à quand la "killer app" ?", par Nicolas Blaisot - 04/02/2009

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Quel modèle industriel pour les applications mobiles ?

Tags: RIA iPhone webapp

La musique sur mobile : à quand la "killer app" ?

04/02/2009 par Nicolas BLAISOT

Au milieu des nombreuses initiatives Web autour de la musique, reste-t-il des opportunités à saisir sur le mobile pour les opérateurs ? Les mauvaises nouvelles de début d'année (encore)
Le Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP) annonce une nouvelle baisse du marché de la musique de l'ordre de 15% sur 2008, atteignant maintenant 600 millions d'euros. Une baisse plus faible qu'en 2007 (17,4%), avec une progression des ventes de musique numérique (maintenant 70 millions d'euros sur les 600) qui ne compense toujours pas la chute globale.

Face à cette descente aux enfers, les fabricants de mobiles et opérateurs ont tour à tour tenté récemment des électrochocs en lançant des offres de musique illimitée. Des offres basées sur un tarif plutôt onéreux (un catalogue se voulant exhaustif est cher), et pariant sur un changement de nos habitudes de dépenses musicales. Car 600 millions d'euros, c'est approximativement un budget de 30 euros par an par foyer : on est loin des 10 (ou plus) euros par mois qu'il faut débourser pour bénéficier de ces nouvelles options.

Le risque de ces offres étant de rester confidentielles si elles n'arrivent à convaincre que les seuls musicophiles plus dépensiers, dont l'appétit saurait dépasser des freins comme la DRM (bientôt d'un autre âge) et les soucis de compatibilité (Player imposé, compatibilité Mac, formats de fichiers). Le temps nous dira rapidement si ces électrochocs arriveront à stimuler suffisamment le marché.

De fausses bonnes idées ?
Sauf inversion de tendance radicale, on constate donc que le consommateur perçoit de moins en moins le contenu comme fortement porteur de valeur, le piratage et autres offres légales de streaming illimitées soutenant cette tendance. Un vrai casse-tête pour l'opérateur, le défi étant de trouver un modèle économique viable qui ne s'appuie pas totalement sur un « premium » contenu, ni sur la valeur du terminal qu'il subventionne le plus souvent. La tentation est forte de s'inspirer des gros succès du moment: Deezer sur le web, ShazamID et autres Liveradio sur iPhone. Mais transposer ces services dans une version mobile grand public est moins simple qu'il n'y paraît.

En effet concernant tous ces succès l'expérience client "de base" (i.e. écouter sa musique) est sans faille : dès lors il est possible d'en "offrir plus" à des clients réceptifs, voire demandeurs. Or écouter sa musique, et avant ça la transférer, sur un mobile classique est loin d'être une expérience idyllique : installation du CD fourni, transferts USB très lents (souvent bien en deçà de la norme USB 2.0), ergonomie générale, sont autant de freins qui en conduisent beaucoup à se contenter de la radio. Difficile d'en donner "plus" à un client quand on ne lui donne pas l'essentiel.

Finalement , quelle "killer app" pour l'opérateur?
Dans un contexte où le mobile propose une expérience "out of the box" plutôt douloureuse et frustrante mais où l'opérateur dispose du savoir-faire et des infra-structures permettant d'intégrer un parcours client cohérent multi-écran, il est possible de formuler une proposition attractive et grand public. Construire ce parcours autour du contenu que le consommateur possède déjà ("copie privée" ) est de plus une opportunité de contourner certaines contraintes (coût, DRM imposées, négociations longues avec les ayant droit) tout en répondant directement à ses vraies attentes : écouter sa propre musique avant tout. L'aspect "Music Store" serait alors un mécanisme d'Up-Selling en marge du service principal permettant l'achat d'impulsion depuis le mobile.

De manière plus concrète le client pourrait en un clic, de n'importe où, faire "le plein" de musique sur son mobile. Mieux encore, ses appareils et outils habituels deviendraient un ensemble cohérent: toute sa musique, ses playlists et autres ratings seraient utilisables depuis son ordinateur perso, un navigateur web, mais aussi son player mp3, son GPS multi-media, son bouquet TV, sa Wii connectée au Home Cinéma du salon, etc. Sans avoir à se soucier de câbles, transferts, format des fichiers.

Quels clients seraient prêts à payer quelques euros pour ces possibilités ? Quels nouveaux enablers s'appuyant sur les réseaux fixes et mobiles et permettant de délivrer ces expériences seraient monétisables auprès de tiers ? Des questions qui valent le coup d'être étudiées pour tenter de construire autant de nouveaux modèles économiques plus prometteurs.

Voir aussi :

Expertise

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"Appli embarquée ou service mobile – Partie 1: Définitions", par David Mas - 06/10/2009

"Appli embarquée ou service mobile – Partie 2: Le jeu des différences", par David Mas - 06/10/2009

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Tags: RIA iPhone musique

Le quatrième opérateur mobile : l’Arlésienne bientôt vache à lait ?

23/01/2009 par François DUPONT-METAYER

Début février commencera le débat parlementaire sur l'appel à candidatures pour les fréquences 3G. L'impact concurrentiel, social, économique de ce bouleversement futur de l'écosystème reste à imaginer. Mais on peut d'ores et déjà observer que les conditions et critères de sélection ne seront pas neutres pour l'avenir du secteur.

Des analystes proches des opérateurs mobiles estiment que l'arrivée d'Iliad sur le marché des opérateurs mobiles français via la quatrième licence 3G aurait un impact négatif sur l'industrie des télécoms. L'argument est la destruction de valeur (via des forfaits "ultra low-cost"), qui pourrait conduire à des licenciements massifs chez les opérateurs de réseaux mobiles.

Ce scénario est néanmoins assez peu crédible à l'échelle de l'écosystème. On peut imaginer que, pour conserver des taux de marges très significatifs, les trois opérateurs actuels procèdent à quelques licenciements. Mais ces licenciements ne pourraient qu'être largement compensés par les embauches du futur Free Mobile, avec la duplication de toutes les fonctions supports, le renforcement des forces commerciales et de gestion de la relation client, etc. C'est un scénario symétrique de ce que l'on constate quand un opérateur procède à une acquisition et réduit sa masse salariale pour bénéficier d'économies d'échelle.

D'autre part, il faut distinguer revenu et marge : on sait que pour de nombreuses raisons (notamment des économies sur l'acquisition et la fidélisation client), les produits à plus faible ARPU (revenu moyen par utilisateur) sont aussi ceux à plus fort taux de marge : il en est ainsi des services prépayés, bien plus rentables que les forfaits.

Alors, pourquoi l'arrivée de services "ultra low-cost" ne s'accompagnerait-elle pas d'un accroissement de la marge de l'opérateur ? Elle permettrait notamment de générer une marge importante sur la (faible) part du marché qui reste encore à acquérir aujourd'hui. Cette part de marché peut d'ailleurs être constituée pour partie de secondes lignes à bas prix. L'exemple du Bic Phone, chez Orange, semble aller dans ce sens : gageons que l'opérateur a pris soin de vérifier qu'il ne génèrerait ni cannibalisation de ses forfaits, ni dégradation de ses marges.

Néanmoins la question demeure : faut-il vraiment créer de toutes pièces un quatrième réseau ?

Début janvier, le Premier Ministre annonçait un appel à candidatures prochain sur la base de trois lots de fréquence à 5 MHz, dont un obligatoirement réservé à un nouvel entrant. Le débat parlementaire devrait commencer début février. Or, ce compromis entre les intérêts des opérateurs en place et la volonté affichée des nouveaux entrants de pénétrer le marché des opérateurs de réseau pourrait être le pire des scénarios.

En effet, si un nouvel entrant ne peut disposer que d'un unique lot de 5 MHz, cela semble faible pour proposer des services très consommateurs de bande passante comme l'Internet mobile. Et il faudra donc que le marché supporte tout le coût économique et écologique d'un nouveau réseau, pour une offre de services qui sera de toute façon limitée faute d'une bande passante suffisante. En revanche, si les critères d'attribution sont tels qu'un nouvel entrant pourra prendre pour lui au moins deux lots de 5 MHz, cela peut avoir plus de sens économique : le coût fixe du réseau pourrait être, à terme, réparti sur plus d'abonnés ou une offre plus large.

Il y aurait malgré tout un intérêt pour les finances publiques en cette période morose : au moins un milliard d'euros sur les premières années, entre le coût de la licence et la fiscalité. Mais du point de vue de l'investisseur aussi bien que des consommateurs (qui paieront toujours in fine), le déploiement d'un nouveau réseau n'est pas nécessairement, aujourd'hui, l'usage le plus judicieux que l'on puisse faire de quelques milliards d'euros.

A cet égard, un raisonnement en terme de coût d'opportunité (et prenant en compte aussi bien le retour sur investissement que les enjeux de positionnement stratégique) se doit d'envisager quelques idées alternatives : une autre technologie (pourquoi investir dans une technologie déjà mature et dont les concurrents ont depuis plusieurs années un réseau et des abonnés ?), voire pléthore d'autres secteurs connexes à l'industrie des télécoms : contenus, jeux et paris en ligne, services à la personne (e-santé par exemple), services bancaires, échanges dématérialisés, etc, qui peuvent parfaitement être portés par un MVNO.

Parce qu'en même temps, l'avenir des MVNO commence à sembler moins sombre qu'avant. Bouygues Telecom ouvre ses conditions d'hébergement en autorisant aux MVNO l'exploitation d'une plateforme IN (permettant de gagner en flexibilité sur les services proposés), la collecte de terminaison d'appel (source de revenus essentielle pour un opérateur de petite taille) et une tarification cost plus plutôt que retail minus[1].

C'est un premier pas vers une vraie concurrence par les services, qui passera par un renforcement du pouvoir de négociation des MVNO. Dans un futur pas si éloigné, cela pourrait se traduire par des MVNO dont la valeur ajoutée, outre celle d'opérateur de services mobiles, consisterait à optimiser en permanence leurs achats de prestations techniques auprès de deux ou trois opérateurs de réseaux concurrents. Utopie ? C'est à l'issue des renégociations de contrats de MVNO actuellement en cours que nous en saurons plus...

[1] Source avis n° 08-A-16 du 30 juillet 2008 du Conseil de la Concurrence.

Voir aussi :

Expertise

Lancement de la 3G

Blog

"L'animation des marchés par la promotion : le coeur des nouvelles stratégies opérateurs", par Etienne Bureau - 27/05/2009

"L’iPhone va forcer les opérateurs à repenser leur stratégie de contenu", par Alexandre Azzopardi - 29/12/2008

"NFC, c'est pour demain...", par David Mas - 06/05/2009

Actus

Accompagnement au lancement d’un opérateur mobile 3G en Asie

Novedia Consulting accompagne Virgin Mobile dans sa réflexion concernant l’acquisition de la 4° licence 3G

Novedia accompagne l'opérateur MTS Russe dans le lancement de ses offres 3G

Novedia Consulting confirme sa position stratégique auprès des grands opérateurs

Novedia Consulting accompagne un opérateur Africain dans sa réflexion sur une solution de M-Paiement

Novedia crée un outil décisionnel rapide, souple et ergonomique : Navboard

Dans les médias

Sarkozy veut-il bloquer l'arrivée de Free dans le mobile ? - L'Expansion

Le (très) haut débit d'internet - Sociétés de l'Information

Les opérateurs s'organisent pour contrer Free - Challenges

Tags: 3G MVNO operateurs

Comment percer sur le secteur des jeux d'argent en ligne ?

12/01/2009 par Laurent MOISSON

Le marché Français du pari, encore largement monopolistique, doit s'ouvrir en 2009. Mais qui seront les gagnants ? Quelles sont les questions qui décideront du succès des uns et de l’échec des autres ? Voici quelques thèmes qui pourront décider de cette issue. Quelle est votre capacité à générer de l'audience ?
La plupart des systèmes de pari rémunèrent le risque que prennent les parieurs en redistribuant une partie des enjeux qu'ils collectent. Ainsi, s'il y a peu de parieurs, donc peu d'enjeux, il y a peu d'argent à redistribuer et, finalement... peu d'intérêt à parier. Par conséquent, le premier facteur clé de succès d'un site de paris en ligne est sa capacité à attirer un flux de parieurs important, c'est-à-dire à générer de l'audience. Sans audience, pas de succès.

Faire soi-même ou s'appuyer sur des partenaires ?
Chaque type de jeu a sa propre mécanique. Et chaque mécanique est plus ou moins simple à mettre en place. Tout dépend de là où réside la valeur ajoutée d'un système. La politique de partenariat des futurs acteurs doit en tenir compte. Ainsi :

- Pour les jeux de Casino et de poker, par exemple, la valeur ajoutée réside dans l'application (qui gère les actions de joueurs et distribue de façon aléatoire des cartes...) et dans l'audience du site (qui permet de se connecter rapidement à une table de jeu ou non). Or, il existe, en la matière, des applications sur étagère simples à acheter et à intégrer. Au passage, créer de telles applications n'est pas d'une grande complexité. Certains gros acteurs pourraient même se passer des intermédiaires qui les fournissent.

- C'est beaucoup plus compliqué pour les paris hippiques et sportifs. Parce qu'en la matière, c'est l'information qui fait le pari. Il faut donc offrir aux parieurs un flux permanent et abondant de nouvelles fraîches et attirer leur attention sur les évènements susceptibles de les faire jouer. C'est ce que savent faire les grands sites de pari. Et il n'est pas certains que tous les candidats à l'acquisition d'une licence de jeu sachent le faire aussi bien qu'eux. Le passage de partenariats avec les sites de paris hippiques et sportifs existants est donc une hypothèse à considérer avec sérieux.

- Dernier élément de complexité : la masse des enjeux. C'est le montant global misé par les joueurs sur un évènement particulier. Il est capital que cette masse soit importante sur les jeux de loterie et sur les paris hippiques (parce que ces derniers sont des paris mutuels, en France). Sans cela, il n'est possible de redistribuer que de très faibles montants aux joueurs. La question est particulièrement sensible sur le turf.
Il n'existe aujourd'hui que deux acteurs disposant d'une masse d'enjeux suffisante : le PMU et Zeturf. Les autres n'en ont pas et rencontreront toutes les peines du monde à s'en constituer une (le pari mutuel assisté est interdit, si bien que les premiers joueurs d'un système ne pourront se partager que leurs faibles enjeux, ce qui les mécontentera. Ils auront donc quitté le site avant qu'ils ne soient rejoints pas de nouveaux joueurs, qui partiront à leur tour, faisant face au même problème). Pour les systèmes de jeux mutuels, le passage de partenariats avec des acteurs existants nous paraît être la solution la plus raisonnable.

Marque blanche, marque propre ou sous-marque ?

- Un acteur du marché du pari ou une société positionnée sur un secteur afférant (média d'information hippique ou sportif, par exemple), pourra utiliser sa marque comme un atout. A condition, tout de même, de prendre garde à ne pas dégrader son image en offrant un système de jeu qui fonctionne mal. La dimension technique des systèmes de paris est un enjeu réel. Mieux vaut ne pas se tromper de prestataire.

- Une marque grand public et généraliste, qui sert un business model qui ne dépend pas du pari ou de l'univers qui s'y rattache (médias généralistes, grands portails Internet, opérateurs téléphoniques...), n'a pas intérêt à opérer sous sa marque. Parce que statistiquement, les parieurs perdent (c'est même le fondement du modèle économique), et les gens qui perdent peuvent se transformer en mauvais perdants à tendance paranoïaque. Bref, il y a des chances qu'ils en veuillent à l'opérateur de pari, qu'ils se fâchent et qu'ils le quittent, ce qui serait susceptible d'affecter l'image de marque et le chiffre d'affaires de l'opérateur. C'est pour cela que l'utilisation d'une marque tierce (celle d'un partenaire ou une marque créée pour l'occasion) est une solution à considérer.

Quel timing ?

Il est bien plus tard que vous ne croyez... Il existe déjà, depuis des mois, des années même, une offre permettant aux français de parier en ligne. Cette offre est large et d'une grande qualité. Les acteurs qui la constituent sont de bons professionnels du marketing sur internet. Ils acquièrent tous les jours de nouveaux clients, qu'ils fidélisent efficacement à grand renfort de campagnes d'animation. Ils fortifient leurs positions avec le temps et seront prêts pour les défendre lors de l'ouverture officielle.
D'ici-là, les coûts d'acquisition auront très largement progressé et il sera bien plus coûteux de prendre des parts de marché.

Alors, certes, il n'est pas simple pour une marque à forte notoriété de se lancer avant d'avoir reçu un "go" officiel et légal. C'est même hors de question pour la plupart d'entre elles. Mais il est plus que temps qu'elles avancent dans leurs choix. Surtout en matière de partenariats. Car les acteurs crédibles ne sont pas si nombreux que cela et le rapport de force pourrait pencher un peu plus en leur faveur, à mesure qu'on se rapprochera de l'échéance. En un mot, il n'est pas encore trop tard, mais plus du tout trop tôt !

Voir aussi :

Expertise

Pari en ligne

Blog

"Gambling : quelle stratégie marketing gagnante pour les sites de jeu en ligne ?", par Eric Noe - 03/07/2009

Actus

Etat de l'art des jeux d'argent en ligne en France

Nouveau baromètre des jeux d'argent en ligne

Novedia Consulting confirme sa position stratégique auprès des grands opérateurs

Dans les médias

Pourra-t-on parier légalement sur la Coupe du monde de football ? - Le Monde

Jeux en ligne, l'audience profite aux acteurs historiques - Bourse Plus

Paris sportifs, poker, turf… Qui sont les plus gros joueurs sur Internet ? Etude de marche - Agence web marketing Nord Pas de Calais

Novedia Consulting édite un baromètre mensuel consacré aux jeux d'argent en ligne - E-commerce Mag

Qui sont les habitués des jeux d'argent en ligne ? - Journal du Net

Tags: jeux argent en ligne

 
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